Description

Le secteur des transports exerce des pressions environnementales majeures au Québec — il concentre à lui seul 45 % des émissions directes de GES de la province, mais pèse aussi sur l’usage des sols, l’eau douce et les écosystèmes. Pourtant, les exercices de planification écologique se focalisent quasi exclusivement sur le climat, sans interroger la compatibilité des trajectoires de décarbonation avec les autres contraintes planétaires. Sept des neuf limites planétaires sont désormais franchies à l’échelle mondiale, et certains leviers de décarbonation comme l’électrification massive du parc pourraient aggraver d’autres pressions environnementales. Il manque aujourd’hui un cadre d’évaluation multicritère permettant de situer la mobilité québécoise au regard de l’ensemble des limites planétaires. Ce projet réalise un premier diagnostic exploratoire de la mobilité québécoise au regard des limites planétaires, en développant et appliquant pour la première fois une évaluation de la durabilité environnementale absolue (AESA) au transport de passagers au Québec. La méthode combine analyse du cycle de vie (ACV) et cadre d’évaluation aligné sur les limites planétaires, selon deux approches complémentaires : territoriale (= impacts sur le territoire) et par la consommation (incluant les impacts des biens et services importés par les Québécois). Des budgets environnementaux sectoriels sont calculés en explorant plusieurs choix méthodologiques et éthiques, avec analyse de sensibilité de ces choix sur les résultats. Des scénarios de transition — électromobilité, report modal, sobriété — sont co-définis et testés avec les partenaires du milieu pratique (ARTM, Communauto, IVEO, MTQ). Ce diagnostic servira de socle pour bâtir collectivement un projet d’envergure sur les trajectoires de transition, avec des demandes de financement auprès de l’ADEME, du CRSNG et d’Horizon Europe, selon appels à projet.

Objectifs

L’objectif principal du projet est de réaliser un premier diagnostic exploratoire de la mobilité québécoise au regard des limites planétaires, en fédérant chercheurs et acteurs de terrain, et de développer un outil paramétrique d’AESA transférable. Les sous-objectifs pour atteindre ce but sont les suivants :
1) Calculer les budgets environnementaux sectoriels de la mobilité québécoise selon différents choix méthodologiques (plusieurs chemins de descente d’échelle et principes de partage éthique, voir dossier technique), avec analyse de sensibilité sur les résultats ;
2) Quantifier la demande en transport de passagers au Québec aujourd’hui et dans plusieurs futurs possibles ;
3) Recenser, caractériser et adapter les modèles de cycle de vie pour les principaux modes de transport au Québec, grâce aux paramètres clés obtenus via les partenaires (ARTM, Communauto, IVEO, MTQ), et les mettre en accès ouvert ;
4) Évaluer les impacts environnementaux absolus de la mobilité québécoise (approche statique), selon les approches territoriale et par la consommation, et les comparer aux budgets sectoriels ;
5) Tester des scénarios de transition co-définis avec les partenaires — solutions technologiques, transferts modaux et mesures de sobriété — et évaluer les impacts des politiques annoncées et de mesures alternatives ;
6) Formuler des recommandations opérationnelles pour les décideurs publics et privés du transport québécois ;
7) Structurer les bases d’un projet d’envergure : consolider les collaborations avec les partenaires de terrain et préparer des demandes de financement pour une extension géographique et sectorielle.

Chercheurs et étudiants impliqués

  • Francesco Ciari
  • Cécile Bulle

Partenaires

  • Anne de Bortoli, UQAM/Polytechnique Montréal/ENPC/NZAB
  • IVEO
  • Communauto Inc.
  • ARTM
  • MTQ